Nouvelles d'Afrique
Law Offices
ANNAMARIA
LOMBINO. P.C
JERRY BROWN,
Legal Assistant
Immigration- Divorce-Criminal
212- 564-8500
2007
Editées par :
Jacques Dussek, Azzédine Oukali, ,
TCHAD. IDRISS DEBY, BRAS DE FER AVEC LA
BANQUE MONDIALE.
Le gouvernement d'Idriss Déby assure que la révision de la loi sur
la gestion des revenus pétroliers lui permettra de résoudre ses «
problèmes de salaires, d'insécurité et de fonctionnement de
l'administration ».
Vendredi, le président de la Banque mondiale,
Paul Wolfowitz a annoncé l’arrêt de tous les programmes de financement
au Tchad, soit 124 millions de dollars de prêts gelés. A l’origine de
cette sanction sans précédent, la révision de la loi prévoyant
l’utilisation des revenus pétroliers, révision intervenue à
l’assemblée nationale tchadienne, le 29 décembre dernier. La loi
encadrait notamment la création d'un fonds d’épargne et une série de
restrictions dans l’utilisation des revenus du pétrole pour garantir
une bonne gouvernance.
« La décision de la Banque, que les
concertations en cours ne laissaient nullement présager, survient dans
un contexte particulièrement difficile pour le Tchad et surprend par
sa brutalité ». Ces mots de Mahamat Ali Hassan, ministre tchadien de
l’Economie, du Plan et de la Coopération, répondent à la décision
rendue publique vendredi par la Banque mondiale de geler son programme
de 124 millions de dollars, du jamais vu au Tchad.
« Nous avions un accord et cet accord a été
rompu », avait déclaré vendredi le président de la Banque mondiale,
Paul Wolfowitz. Le 29 décembre dernier, l’Assemblée nationale
tchadienne a en effet adopté une modification de la loi sur le pétrole,
votée en 1999, qui régit la gestion des revenus pétroliers. Pour la
Banque mondiale, cette loi constituait le fondement de la coopération
entre les deux partenaires et surtout devait servir de modèle à
travers le monde pour garantir la bonne gouvernance et la bonne
gestion dans un domaine souvent opaque en Afrique, celui du pétrole.
La Banque joue sa crédibilité
Alors que l’exploitation du pétrole au Tchad a
été très contestée et fait l’objet de nombreuses polémiques, la Banque
mondiale, en décidant de s’engager dans ce projet, a joué sa
crédibilité. L’institution bancaire internationale a fait de ce
programme un projet vitrine.
Elle n’est pas d’accord avec plusieurs
amendements opérés par le Tchad. Les plus contestés sont la
suppression du fonds pour les générations futures, la notion de
secteurs prioritaires élargie à la sécurité ou à l’administration ; et
la part revenant au Trésor, qui a été doublée.
Le Tchad fait remarquer que les prêts de la
Banque mondiale ne font qu’augmenter la dette extérieure du pays «
dont l’encours, fin 2005, s’élève à 872 milliards francs CFA »,
explique le ministre tchadien de l’Economie et du Plan. « 475
milliards sont dus au seul groupe de la banque (mondiale), tous
guichets confondus. Le service de cette dette pèse lourdement sur les
finances publiques, privant celle ci d’atouts considérables pour
financer son développement ».
La position du Tchad, attendue depuis la veille,
jour de l’annonce officielle de la Banque mondiale de suspendre tous
ses crédits, est celle de la surprise et de l’apparente fermeté. Alors
que le président de la Banque mondiale demande au Tchad de revoir
purement et simplement sa décision de modifier la loi portant sur la
gestion des revenus pétroliers, le gouvernement invite l’institution
financière à reconsidérer sa position. Un dialogue de sourds même si
chacune des deux parties a bien tenu à préciser que les négociations
n’étaient pas rompues. Paul Wolfowitz a indiqué qu’il aurait le
président Idriss Deby au téléphone la semaine prochaine.
Reste à savoir quelle sortie honorable pourra
être trouvée. Il n’est guère possible pour le Tchad, dans une
situation financière catastrophique, de renoncer à l’appui des
bailleurs de fonds et de rompre avec la Banque. Pour autant, revenir
totalement sur cette décision semble également peu probable, le
président Idriss Deby ayant réitéré son attachement à la souveraineté,
« une notion qui place haut la barre des discussions », soulignait un
observateur.
LA
CAPTURE DE SADDAM HUSSEIN EN IRAK A 12 H 15
C'est confirmé: l'ancien président
irakien a bien été capturé samedi soir, dans son fief, près de Tikrit
par un commando américain. Il se cachait dans une ferme et n'a pas
opposé de résistance.
Bagdad, dimanche 14 décembre, 12
heures 15 TU : (Mesdames, messieurs, on l’a eu , s’exclame
l’administrateur civil américain de l’Irak, Paul Bremer, en entamant
son point presse, alors que des cris de joie et de soulagement fusent
de la salle. Cette annonce de la capture de l’ancien président irakien
fait suite à deux longues heures d’incertitude au cours desquelles
l’information avait largement filtré sans toutefois être confirmée.
Paul Bremer explique que la capture
a eu lieu vendredi soir, vers 20 heures 30 heures locales, près de
Tikrit. Selon lui, un commando américain investit une petite ferme
dans laquelle il découvre une cave. C’est là que se cache l’ancien
chef d’Etat qui n’a pas opposé de résistance à son arrestation. Les
images tournées par l’armée américaine montrent l’ancien président
hirsute, portant une barbe fournie et se laissant examiner par un
soldat portant des gants en caoutchouc. C’est probablement au cours de
cet examen qu’un prélèvement a été effectué sur Saddam Hussein afin
d’établir, par l’examen de son ADN, la preuve de son identité. Il a
été conduit peu après dans un endroit tenu secret, a déclaré le porte-parole
militaire de Paul Bremer qui assure que «cette capture va marquer le
début de la réconciliation pour le peuple irakien».
L''ancien président irakien a bien
été capturé samedi soir, près de son fief de Tikrit par un commando
américain. Il se cachait dans une ferme et n'a pas opposé de
résistance. De nombreuses réactions de satisfaction et d'espoir sont
enregistrées. Des voix s'élèvent pour appeler au jugement de l'ancien
raïs.
Paul Bremer explique que la capture
a eu lieu samedi soir, vers 20 heures 30 heures locales, près de la
ville d’al Dour, au sud de Tikrit. Selon lui, un commando américain
investit une petite ferme dans laquelle il découvre une cave. C’est là
que se cache l’ancien chef d’Etat qui n’a pas opposé de résistance à
son arrestation. Les images tournées par l’armée américaine montrent
l’ancien président hirsute, portant une barbe fournie et se laissant
examiner par un soldat portant des gants en caoutchouc. C’est
probablement au cours de cet examen qu’un prélèvement a été effectué
sur Saddam Hussein afin d’établir, par l’examen de son ADN, la preuve
de son identité. Il a été conduit peu après dans un endroit tenu
secret, a déclaré le porte-parole militaire de Paul Bremer qui assure
que «cette capture va marquer le début de la réconciliation pour le
peuple irakien».
A l’annonce de l’arrestation, des
tirs de joie ont retenti dans les rues de Bagdad. A Souleymaniyah,
dans le Kurdistan, des orchestres de rue se sont réunis pour célébrer
l’événement.
Ce sont des sources kurdes qui, les
premières, ont révélé la nouvelle de la capture de l’ancien président
irakien. Tout d’abord sous couvert de l’anonymat, un haut responsable
de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) a annoncé que cette
arrestation avait été le fruit d’une collaboration entre l’armée
américaine et les forces spéciales de l’UPK et affirmé qu’il
s’agissait «de la même force qui a arrêté Taha Yassine Ramadan à
Mossoul», en référence à l’arrestation du vice-président irakien à
Mossoul, à la mi-août. Puis l’information avait été confirmée par le
président du Conseil de gouvernement transitoire irakien en visite à
Madrid, Abdel Aziz al Hakim, qui précisait que le test ADN pratiqué
confirmait l’identité du prisonnier.
De nombreuses réactions sont
enregistrées. A Paris, la porte-parole de la présidence déclare que
Jacques Chirac «se réjouit» et parle «d’événement majeur».
Satisfaction en Israël où le président Moshé Katzav, en visite
officielle en Chine, a déclaré que «c’est une excellent nouvelle pour
Israël et un preuve que la communauté internationale ne tolérera pas
qu’un Etat totalitaire soutienne le terrorisme international». «Je
sous content lorsqu’on arrête un criminel, quel qu’il soit, je le suis
encore plus quand ce criminel a commis tant de crimes contre les
Iraniens», a déclaré de son côté le vice-président iranien. «C’est une
très bonne nouvelle pour le peuple irakien», a estimé le Premier
ministre britannique Tony Blair, «nous devons essayer maintenant
d’unifier l’ensemble de l’Irak en reconstruisant le pays et en lui
offrant un nouvel avenir». «Une victoire de la coalition» qui «pourrait
changer la situation internationale», a déclaré le ministre roumain de
la Défense.
C’est donc la fin d’une longue
traque de neuf mois. Sa tête avait été mise à prix pour une somme de
25 millions de $. Ses deux fils avaient été tués lors d’un raid, le 22
juillet à Mossoul. Aujourd’hui, il semble définitivement acquis que
Saddam Hussein ne gouvernera plus. Cela suffira-t-il à inverser la
tendance et à entraver la détérioration de la situation en Irak ? Il
n’est pas sûr que les forces d’occupation en tireront un bénéfice
militaire ou politique immédiat, car l’influence réelle de l’ancien
raïs sur la résistance de plus en plus vive que doit affronter la
coalition n’est pas prouvée. En tout cas le bénéfice symbolique est
certain. Washington vient de remporter une incontestable victoire et
compte bien en tirer les bénéfice. Car la chute de «l’as de pique»
aura un impact psychologique positif autant sur les troupes que sur
l’opinion publique, toutes deux saisies par le doute depuis quelques
mois. Et l’hôte de la Maison Blanche a bien besoin de renouer avec le
succès avant d’affronter une autre bataille décisive, l’année
prochaine, sur son front électoral intérieur.
Reste la question de savoir quel
traitement sera appliqué à l’ancien président irakien. Le président du
Congrès national irakien a annoncé que son «dossier judiciaire sera
instruit». La question des armes introuvables de destruction massive
ne semblant pas en mesure de fournir une accusation convaincante, la
question des crimes commis par l’ancien dictateur contre son propre
peuple est évoquée. Le Premier ministre britannique a notamment estimé
que ce nouveau développement permettra «de juger Saddam Hussein pour
ses crimes contre le peuple irakien». «Il est directement responsable
de la mort de millions de personnes au cours des trente dernières
années. Le moment est venu pour lui de payer pour ses crimes», a
déclaré le chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar. Pour le
ministre de l’Information koweïtien, «Grâce à Dieu, il a été capturé
vivant, et il pourra ainsi être jugé pour les crimes abominables qu’il
avait commis».
En marge de cette événement,
l’explosion d’une voiture piégée devant le poste de police de Khaldiya,
à l’ouest de Bagdad, a fait 18 morts, dont 16 policiers, et 29 blessés,
dimanche matin.
CENTRE AFRIQUE. NOUVEAU GOUVERNEMENT DE FRANÇOIS BOZIZÉ.
Redresser les finances publiques et assurer la
transition vers l’Etat de droit. Le nouveau gouvernement centrafricain
fraîchement nommé samedi soir a une immense tâche à accomplir. La
nouvelle équipe est composée de 28 membres. Le président auto-proclamé
François Bozizé conserve le portefeuille de la Défense nationale.
Quatorze personnalités du précédent cabinet sont maintenues à leur
poste. Ce gouvernement est le second depuis le renversement du
président Ange-Félix Patassé par le général Bozizé, le 15 mars 2003.
Peu après, ce dernier avait suspendu la constitution et dissous le
parlement pour une période de transition qui devait prendre fin en
2004.
Célestin Gaombalet est un inconnu sur
l'échiquier politique centrafricain. C'est un banquier à la retraite
qui a notamment occupé le poste de directeur général de la Banque de
développement des Etats d'Afrique centrale, une institution qui a son
siège à Brazzaville au Congo. A Bangui, cet homme originaire du
Centre-Est et de la même préfecture qu'Abel Goumba, a dirigé une
petite banque commerciale, la Banque populaire maroco-centrafricaine.
Célestin Gaombalet a donc le profil d'un
gestionnaire. Sur le terrain politique, il ne devrait pas faire
d'ombre à qui que ce soit mais il devra savoir composer avec le
microcosme politique centrafricain.
Rien à voir avec le vieil opposant qu'est Abel
Goumba. Les consultations pour la formation d'un nouveau gouvernement
d'union nationale ont finalement abouti samedi soir. Des sources
proches du pouvoir déclarent que le consensus reste le maître-mot de
la transition et qu’il s'agit de lui donner un souffle nouveau.
Quant à Abel Goumba, qui bénéficie auprès de la
communauté internationale d'une image d'homme intègre et de démocrate,
un poste de vice-président serait spécialement créé pour lui. On
ignore encore si ce titre est purement honorifique ou si l'ancien
Premier ministre aura de réelles prérogatives.
CAMEROUN. DES MAFRATS
ATTAQUENT YAOUNDÉ.
Il ne se passe plus de jours dans
la ville de Yaoundé, sans qu’on parle d’un citadin agressé et
dépouillé par des malfrats, armés, et déguisés en chauffeur de taxi et
passager. Beaucoup croient savoir que les bandits ont simplement
changé de fusils d’épaule, face à l’action conjuguée des forces de
l’ordre et aux dispositifs d’autodéfense mis en place par les
populations. La police qui reconnaît que les brigands ne dorment
jamais, se dit sereine, convaincue que la côte d’alerte n’est pas
encore atteinte. Les citoyens ne demandent qu’à croire.
Le scénario est, à, quelques
détails près, toujours le même. L’identité propre des acteurs a beau
varier, le profil des victimes changer, rien n’y fait. Toujours ces
taxis de ville, qui attendent en général aux alentours des gares
routières, ou font la file où se bousculent les usagers de retour de
voyage ou au sortir des bureaux. Toujours ces deux occupants, dont un
chauffeur, et un passager, qui n’en sont en réalité pas. Toujours ces
changements brusques d’itinéraires, ces destinations déviées. Et ces
arrêts impromptus à des endroits les plus obscurs au centre-ville ou à
la périphérie. Et ces scènes que les victimes racontent dans un
étonnant chœur saisissant de similitudes. Cette employée du projet
Croix-rouge camerounaise/HCR, qui, s’est faite agresser un soir, après
19 heures, du côté de la «montée du parc», un endroit mal éclairé,
vers la sortie nord de la capitale. Cette journaliste que les bandits
ont, semble-t-il failli jeter dans le lac municipal, au cœur de la
ville, et qui n’ a échappé au supplice que grâce à un militaire qui,
incidemment passait par là. Ou encore cette dame, qui s’est retrouvée
prise en tenailles, a manqué de se faire violer, un soir par un
pseudo-chauffeur de taxi, et un soi-disant passager, dans la
broussaille, sur le tronçon sans éclairage, entre les installations de
certains services du ministère de la Santé publique et le dispensaire,
en pleine ville. Et des dizaines d’autres, hommes et femmes, qui
racontent, avec force détails, leur enfer. Les sévices subis, comme
les objets dont ils ont été dépouillés : un téléphone portable, un sac
main, de l’argent, des bijoux.
Le corps d’une dame, retrouvé un
matin, aux alentours du ministère de la jeunesse et des sports, près
du… cimetière du lieu dit «vallée de la mort», où serpente une ruelle
non bitumée, et non éclairée, réputée pour faire partie des
itinéraires de prédilection des bandits, est venu certes suggérer que
parfois, la mort n’est pas loin. Mais, la plupart des témoignages sont
ceux des «survivants». D’autant que dans bien des cas, opèrent avec
des armes, après avoir pris le soin de s’encagouler.
«J’ai emprunté le taxi du centre-ville
pour aller du côté de Mballa 2. En plus du chauffeur, un monsieur que
je prenais pour un passager avait pris place à bord à la cabine. J’ai
été surprise de m’apercevoir que non seulement le taxi n’a pas fait de
ramassage, mais aussi que notre itinéraire avait été modifié. Nous
sommes retrouvés dans une rue derrière un hôtel de grand standing au
cœur de la ville. Je ne me souviens plus très bien de ce qui s’est
passé. Mais je sais que le chauffeur a commencé à ralentir, son
complice est sorti, m’a serré le coup. Puis, ils m’ont demandé ce que
j’avais dans le sac à main. Je leur ai dit qu’il y avait un
magnétophone, une somme de 7000 Fcfa, un téléphone portable. Après
avoir fouillé mon sac à main, ils m’ont demandé si je n’avais plus
rien. Puis, l’un d’entre eux s’est mis à fouiller sous mon soutien-gorge,
et ne s’est pas gêné pour chercher de l’argent dans mes parties
intimes», se souvient Irène Njabun, une journaliste, qui se remet
péniblement de ses émotions.
Et la chronique des jours tragiques
s’enrichit quotidiennement de ses témoignages poignants.
Chaque jour, de nouvelles méthodes
pour les malfrats
Aux yeux de nombreux citadins, ces
braquages s’apparentent à une réponse de malfrats, toujours inventifs,
déjà cernés par les forces de l’ordre, et rendus quasi-inopérants dans
les quartiers où les populations se sont organisées en «comité
d’autodéfense». Mais il persiste une impression générale d’incapacité
des forces de l’ordre à mener une réelle bataille aux malfrats. A la
police, où l’on reconnaît qu’il s’agit d’une situation préoccupante,
on récuse le constat d’un regain d’insécurité, et on se veut serein. «Nous
n’avons pas encore atteint la cote d’alerte en la matière. Dans tous
les cas, si les circonstances l’exigeaient, la police déclencherait
tout de suite les dispositifs adéquats», explique, sourire en coin, un
haut cadre de la Délégation générale de la Sûreté nationale. Allusion
à la mise sur pied, il y a quelques années, de «l’Opération harmattan»
pour faire face à l’insécurité dans la ville de Yaoundé. Une opération
qui semble justement en veilleuse depuis quelques temps. Il est vrai
aussi qu’en 2000, le président de la République avait dû ordonner par
décret, la mise sur pied du «commandement opérationnel», une mesure
exceptionnelle, circonscrite à la capitale économique Douala, et ses
environs, pour répondre aux insomnies que donnaient aux forces de
l’ordre, des bandes de malfrats semant terreur et désolation.
Mais comment convaincre les
victimes des opérations de Yaoundé, que la situation n’est pas aussi
grave qu’elles le pensent ? Comment rassurer les autres citoyens que
la police veille à leur sécurité, lorsque, comme le reconnaissent des
responsables à la police, les bandits continuent d’opérer, mettant au
point chaque jour de nouvelles méthodes ?
C’est finalement la parole des
policiers contre les craintes des citadins. «A la police, les plus
hautes autorités s’attellent à mettre sur pied une police de proximité,
ainsi qu’en témoigne la création de plusieurs nouvelles unités dans le
corps, qui devront nous aider à prévenir l’action des bandits»,
affirme un officiel. Qui ajoute : «Dans cette perspective, nous
comptons aussi sur le dynamisme de nos centaines de jeunes éléments
frais émoulus de nos centre de formation qui sont déjà sur le
terrain».
Les citadins ne demandent qu’à
croire. Peut-être ne sont-ils pas les seuls à rêver d’une ville où ils
peuvent se déplacer débarrassés de la peur au ventre, dans ce pays où
l’insécurité a souvent été cité comme un facteur peu susceptible de
rassurer les investisseurs étrangers.
CÔTE D'IVOIRE-PARIS. LE
PREMIER MINISTRE SEYDOU DIARRA EN FRANCE.
Le Premier ministre Seydou Diarra a
conclu une semaine de visite en France par une conférence devant la
presse étrangère à Paris. Il a réaffirmé sa foi dans la bonne volonté
de tous les acteurs de la vie politique de réussir une sortie de crise
en Côte d’Ivoire. Il s’est dit sűr de l’appui des autorités françaises
pour le programme d’action de son gouvernement..
Le Premier ministre ivoirien
en visite officielle à Paris rencontre les plus hautes autorités de
l’Etat, mais également les représentants des milieux d’affaires
français. Devant le Medef (le patronat français), le Premier ministre
et sa délégation ont cherché à rassurer les investisseurs potentiels.
Ils ont également appelé à la relance des activités économiques entre
les deux pays.
Le soutien des institutions
financières internationales et l’aide à l’économie de la Côte d’Ivoire
sont strictement liés à l’application des accords de Marcoussis,
signés le 24 janvier 2003. Tous les Ivoiriens en sont aujourd’hui
convaincus. Les fonds promis par l’Union européenne tardent à venir et
les arriérés des institutions financières, en soutien à l’économie,
s’élèvent déjŕ à plus de 300 millions d’euros, selon les chiffres
publiés par les services du Premier ministre. L’économie est exsangue
et le plus inquiétant pour les experts ivoiriens est le manque de
perspective et des coups de fouets nécessaires pour relancer les
activités économiques. Les progrès effectués en matière de
réconciliation nationale sont trop récents pour provoquer le déclic
attendu auprès des investisseurs. Pour cela Seydou Diarra reprend
l’initiative sur le plan international en rendant visite au premier
partenaire de la Côte d’Ivoire qu’est la France. Point d’exercice de
charme, mais plutôt étalage des réalités et des capacités de
l’économie ivoirienne à repartir de l’avant : c’est l’essentiel de la
prestation du Premier ministre devant les hommes d’affaires français
le 29 juillet.
La Côte d’Ivoire qui est la troisième économie sub-saharienne, après
l’Afrique du Sud et le Nigeria, connaît depuis trois ans une récession
de son économie. La dégringolade des indices économiques correspond au
saut dans l’instabilité politico-militaire que connaît le pays depuis
Noël 1999. La chute des cours du café et du cacao (dont la Côte
d’Ivoire est le premier producteur mondial), avait marqué, à la fin
des années 90, le début des problèmes économiques qui allaient se
doubler de discours politiques rejetés par une partie de la
population, le tout faisant le lit des insurrections armées. Pour la
première fois en Côte d’Ivoire l’indice de production industrielle est
à -4,4%. Malgré cela, les chiffres publiés du commerce extérieur
restent positifs, concernant l’exercice 2002. La Côte d’Ivoire avait
dégagé un excédent de 830 millions de dollars de la balance des
transactions courantes.
Les réserves des milieux financiers
Ces chiffres ne masquent pas la baisse actuelle d’appareil de
production industrielle qui se fixe à -36,6% pour le premier trimestre
2003. Selon les chiffres publiés par la mission économique de
l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, l’inflation serait en hausse
de 4 % et sur le plan du commerce du détail une régression de 13,4%
est notée. Le ralentissement de la consommation et des échanges
nord-sud a pesé dans cette balance. C’est pourquoi le Premier ministre
et son équipe parient sur les effets positifs de la réconciliation
nationale qui réunifieront les échanges dans le pays, à travers les
structures nationales, et non plus tournés vers le Mali et le Burkina
Faso, pour ce qui concerne la moitié nord du pays. Le programme de
Seydou Diarra prend en compte également l’évolution de la sécurité sur
le plan national, assurée conjointement par les Fanci (Forces armées
nationale de Côte d’Ivoire), les Français de l’opération Licorne, les
forces de la CEDEAO et les Forces nouvelles (ex-rebelles), pour que
les opérateurs économiques ne détournent plus leur route des centres
et ports de Côte d’Ivoire.
Le pari du Premier ministre, naturellement très ambitieux sur l’avenir
de la Côte d’Ivoire, rencontre tout de męme quelques réserves dans les
milieux financiers. Le gouvernement a misé sur un taux de croissance
de 1%, au lieu des 6% de ces dernières années pour établir son budget
2003 à 1 518,9 milliards de francs CFA, en baise de 17% par rapport au
budget 2002. Les institutions financières émettent des doutes sur la
capacité du gouvernement de trouver les recettes inscrites au budget.
La réponse des autorités ivoiriennes est de convaincre d’abord ces
męmes institutions et les bailleurs de fonds de libérer les fonds
nécessaires pour appuyer les efforts engagés. Le problème de
l’économie ivoirienne actuellement est celui de la confiance non
retrouvée entre les différents acteurs. Les autorités ivoiriennes
multiplient pour cela les signaux de climat politique apaisé. Le
président de la République, qui a toujours tenu un discours de
réconciliation, mais accusé de pousser ses supporters à dire tout haut
ce qu’il pense tout bas, a fini par convaincre les siens de le
rejoindre sur le męme terrain. La crédibilité des uns et des autres
sur le plan politique apparaît désormais en Côte d’Ivoire comme un
élément catalyseur pour la relance de l’économie.
Un premier signe de cette nouvelle orientation s’est manifesté par les
déclarations de Charles Blé Goudé, leader des «jeunes Patriotes»,
mouvement de jeunes nationalistes qui soutiennent le président Laurent
Gbagbo. Il prône désormais la réconciliation nationale et avoue son
changement d’opinion concernant la France qu’il accusait de complicité
avec les rebelles. Ce discours procède d’une prise de conscience que
l’économie d’un pays ne se bâtit pas uniquement sur les potentialités
nationales, mais qu’elle dépend en grande partie d’un climat de paix
et d’une certaine confiance exprimée de tous les acteurs des
différentes branches d’activité.
A LA FRONTIÈRE DU LIBÉRIA.
La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao)
poursuit sa tournée des bailleurs de fonds potentiels pour trouver les
43 millions d’euros destinés à financer son Ecoforce en Côte d’Ivoire
pendant le prochain semestre et surtout à lui donner l’efficacité
nécessaire en portant ses effectifs de 1 300 à 3 200 hommes. Après
Washington et le Conseil de sécurité de l’Onu à New-York, la
délégation de la Cedeao est en route pour Bruxelles, capitale de
l’Union européenne. Pendant ce temps, Abidjan et Monrovia se
concertent sur l’opportunité d’une surveillance conjointe de la
frontière ivoiro-libérienne avec le concours de l’Ecoforce et des
troupes françaises de l’opération Licorne. L’objectif de cette double
bataille, financière et diplomatique, est, ni plus ni moins, de sauver
la paix puisqu’il s’agit de mettre fin au désordre militarisé de
l’Ouest ivoirien, mais aussi de donner un nouveau destin aux
anciens-combattants, dans la vie civile ou dans le cadre de la future
armée nationale.
Dans son dernier rapport sur le
Liberia publié le 22 avril 2003, le Conseil de sécurité explique que
le président Taylor justifie ses importations d’armes par la montée en
force de la rébellion des Libériens unis pour la réconciliation et la
démocratie (Lurd) qu’il accuse la Guinée et la Côte d’Ivoire de
soutenir. Mais surtout, le Conseil rapporte que pour preuve de
l’expulsion (du territoire libérien) des rebelles sierra-léonais du
Front uni révolutionnaire (RUF), le ministre libérien des Affaires
étrangères cite le consul ivoirien à Monrovia, qui a justement dénoncé
la présence active du chef du Ruf, Sam Bockarie, en Côte d’Ivoire. En
attendant un hypothétique verrouillage des frontières, l’Ouest
ivoirien est ravagé depuis des mois par des groupes armés venus du
Liberia ou de Sierra-Leone. Alliés ou adversaires du régime Taylor,
ils poursuivent impunément leur chassé-croisé en Côte d’Ivoire oů ils
se sont renforcés fin 2002 dans le sillage du Mouvement populaire
ivoirien du Grand Ouest (Mpigo) et du Mouvement pour la justice et la
paix (MJP).
Les saute-frontières anglophones
n’ont pas été pris en compte dans le cessez-le-feu hâtivement conclu
le 8 janvier 2003 avec le MJP et le Mpigo désireux de participer aux
discussions inter ivoiriennes de Marcoussis. A fortiori, les porte-fusils
venus du Liberia n’apparaissaient pas non plus dans le cessez-le-feu
accepté par le MPCI en octobre 2002. Pour les surveillants français et
ouest-africains du cessez-le-feu ce sont donc des «incontrôlables»
jamais officiellement identifiés et encore moins combattus pour autant
qu’ils n’approchent pas des casques blancs. Une guerre de rapines et
de règlements de comptes a ainsi pu se poursuivre derrière les lignes
de front officielles, gelées par l’accord de paix. Ces «bandes armées»
ont servi de prétexte ou de faux-nez aux ex-belligérants ivoiriens
jusqu’ŕ ce que ce jeu de poker menteur connaisse une nouvelle donne
avec la formation du gouvernement ivoirien de réconciliation nationale.
Réconciliation Gbagbo-Taylor ?
Tandis que les Ivoiriens de tous
bords commencent à désavouer leurs alliés du Libéria ou de Sierra
Leone– non sans combats mortels entre eux et avec eux – Charles Taylor
plaide la légitime défense et voit peut-ętre męme avantage à changer
de partenaire. Après tout, le président Houphouët-Boigny et son ancien
chef d’état-major, le général-président Robert Gueď – pour ne citer
qu’eux – étaient des alliés précieux. Pourquoi ne pas se réconcilier
avec Laurent Gbagbo ? L’idée d’une force quadripartite à la frontière
ivoiro-libérienne pourrait permettre au bouillant Taylor de redorer
son blason international et de mettre une sourdine à son opposition
armée qui ne cesse de proliférer, avec encore au nord-est du pays un
nouveau mouvement rebelle issu de la mouvance du défunt président Doe
et qui pourrait recruter lui aussi en Côte d’Ivoire. Samedi dernier,
lors d’une rencontre au Togo, Laurent Gbagbo et Charles Taylor ont
convenu de «la nécessité du déploiement immédiat de forces conjointe
composées des troupes françaises de l’opération Licorne,des troupes de
la Cedeao, des Forces armées ivoiriennes (Fanci) et des Forces armées
libériennes (AFL) sur près de 200 kilomètres de Grabo à Gbapleu»,
c’est-ŕ-dire du côté ivoirien de la partie sud des 700 kilomètres de
frontière entre les deux pays, une zone actuellement contrôlée par les
Fanci.
Pour sa part, le secrétaire général
de l’Onu, Kofi Annan estime fondée la demande de ressources
supplémentaires de la Cedeao. Le mois passé, à la suggestion de Paris,
Kofi Annan avait męme recommandé au Conseil de sécurité d’apporter un
renfort à l’Ecoforce et aux 3 900 soldats français avec «une petite
opération comprenant des éléments de liaison militaire et d’autres
relevant des droits de l’homme, des affaires civiles et des médias».
Une Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Minuci) de quelque 255
militaires et civils pour un coűt estimé de 27 millions de dollars
pour un an. Trop cher pour une structure qui n’aurait pas la stature
d’une opération de maintien de la paix avait objecté Washington. La
Minuci paraît mort-née le 15 avril. Paris n’a pas relevé ce que
certains ont commenté comme un dommage collatéral diplomatique de la
guerre en Irak. De son côté, le département d’Etat américain assure
que les Etats-Unis «travaillent étroitement avec la France, la
Grande-Bretagne et d’autres membres du Conseil de sécurité sur une
résolution qui, entre autres, mettrait en place une mission politique
en Côte d’Ivoire».
Personne ne nie l’immensité du
problème sécuritaire auquel sont confrontés tant l’Ecoforce et les
troupes françaises d’une part que d’autre part le tout nouveau
gouvernement de réconciliation nationale. Ce dernier peine à pourvoir
les fauteuils sensibles de la défense et de la sécurité. Sur ce point,
le bras de fer continue entre le président Gbagbo et le principal
parti d’opposition non armée, le PDCI de l’ancien président Bedie.
Mais pour que ce gouvernement puisse mettre en śuvre le programme
politique rédigé à Marcoussis, le retour de la sécurité est
fondamental. Or ministres nommés ou pas, les questions sécuritaires
lui échappent largement. L’essentiel se joue à la frontière du Liberia
mais aussi dans la mission cruciale de l’Ecoforce qui est chargée de
l’application du volet militaire de Marcoussis, avec le concours des
troupes françaises. Au final, il s’agira en particulier de former une
nouvelle armée ivoirienne à partir d’éléments des anciennes forces
belligérantes, cantonnées et démobilisées avant sélection et
réinsertion dans la vie civile ou militaire. Le moment venu, ce sera
un temps d’intenses tiraillements. Mais pour l’heure, c’est mission
impossible, ce serait męme une tâche incongrue tant que la guerre
venue du Liberia se poursuit à l’Ouest.
Jeydou
Diarra, un «sage» qui a dirigé en 2002 le Forum de réconciliation
d’Abidjan mais qui auparavant avait accepté de devenir le Premier
ministre de Robert Gueï; Charles Konan Banny, actuellement gouverneur
de la BCEAO (la Banque d’Afrique occidentale); et l’ancien Premier
ministre d’Henri Konan Bédié, Daniel Kablan Duncan, qui a l’avantage
de s’être fait quelque peu oublier depuis le fameux «putsch de Noël»
1999 et tous les tragiques événements qui ont ensuite ensanglanté le
pays. Mais on ne peut exclure que le 'numero deux' du RDR, Henriette
Diabaté, originaire du sud mais mariée à un nordiste, ne coiffe tous
les autres candidats sur le poteau.
Il va de soi que le choix du futur Premier
ministre est le principal défi auquel fait face dans l’immédiat
Laurent Gbagbo. Car son gouvernement aura d’abord la tâche de «préparer
les échéances électorales afin d’avoir des élections crédibles et
transparentes». Le chef de gouvernement aura donc à diriger, deux
années et demi durant, une équipe nécessairement composite et formée
de ministres se regardant en chiens de faïence. Autant dire que sa
tâche sera des plus difficiles, surtout parce que une si longue
«transition» a toutes les chances d’avoir à surmonter de nombreux
obstacles, avant la date fatidique d’octobre 2005 (élections
présidentielle et législatives). Car il faut d’ici là établir - ou
rétablir - des listes électorales, alors que cela ne peut se faire
sans l’établissement préalable d’une carte nationale d’identité fiable
et acceptée par tout le monde, mais aussi l’établissement des cartes
de séjour destinées aux étrangers. Comment va-t-il accomplir ces
différentes tâches, dans un pays gangrené par le trafic généralisé des
pièces d’identité et dont de nombreux bâtiments publics (dans le nord
comme dans l’ouest) ont été récemment pillés et vidés de leurs
dossiers ?
Plus délicat encore, la gestion du désarmement
et du cantonnement des rebelles, qui a été confiée elle aussi au
gouvernement. Les délégués présents à Marcoussis se sont accordés sur
«le regroupement de toutes les forces», dans le but de constituer une
nouvelle armée, avec l’aide de la France, ainsi que sur une amnistie
des mutins ayant participé aux différentes rébellions. Depuis quand,
au juste ? Depuis le fameux putsch de Noël 1999 ? Cette question
cruciale, véritable pierre d’achoppement dans toutes les négociations
intervenues depuis le 19 septembre, n’a apparemment pas fait l’objet
d’un accord précis et détaillé à Marcoussis, les délégués préférant la
renvoyer au futur gouvernement. Or, les gouvernements dits «de
transition» sont non seulement difficiles à mettre en place (voir à ce
propos les péripéties des accords de Lusaka signés entre les
belligérants du Congo démocratique), mais ils ont également tendance à
ne pas tenir longtemps (voir à ce sujet ce qui est arrivé à ceux
d’Angola, entre Luanda et l’Unita de Jonas Savimbi).
Cette question est d’autant plus délicate que
les rebelles ne forment pas un «front» unique, même si leur
collaboration est évidente. En réalité l’implantation géographique (et
en partie ethnique), les motivations profondes, comme les «parrainages»
extérieures ne sont pas les mêmes, entre d’un côté le MPCI et de
l’autre le MPIGO et le MJP. Le premier bénéficie d’un incontestable
appui populaire dans le nord, où il entre en concurrence directe avec
le RDR d’Alassane Ouattara, ainsi que l’aide en tous genres du Burkina
Faso de Blaise Compaoré, qui doit tenir compte des quelques trois
millions de Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire.
Les deux autres mouvements rebelles ont
eux-mêmes indiqué ne pas avoir de programme politique, en dehors du
renversement de Laurent Gbagbo, qu’il accusent d’être responsable de
l’assassinat de Robert Gueï, l’ancien président originaire du Grand
Ouest. Plus grave, il est difficile d’évaluer la représentativité
réelle de leurs chefs présents à Paris, mais aussi leur véritable
puissance militaire, car, il est désormais prouvé que l’essentiel des
combats qui ne cessent de s’étendre à l’Ouest est le fait de soldats
libériens visant à contrôler par tous les moyens la «boucle du cacao»
ivoirien. L’armée française préfère parler, pour l’heure «d’éléments
incontrôlés». Ce qui signifie que nul n’est apparemment en mesure - en
dehors de Charles Taylor, qui s’en défend - de peser sur leur
comportement. Or, l’histoire récente de la Guinée, du Sierra Léone et
surtout du Libéria nous apprend que le Libéria de Charles Taylor est
la principale source de conflit et de régression politique en Afrique
occidentale. Une menace qui plane toujours sur les voisins. C’est
peut-être pour cela que le président libérien a décidé, dans un
premier temps, de ne pas se rendre à Paris, où il commence à être
montré du doigt. Avant de changer d'avis.
CÔYE
D'IVOIRE. Seydou Diarra à la tête du gouvernement
Quelques heures ont suffi aux chefs d’Etat qui
participent à la conférence de Paris sur la Côte d’Ivoire pour se
mettre d’accord sur le nom du futur Premier ministre ivoirien et la
composition du gouvernement «de consensus» qui aura la lourde tâche de
gérer le pays jusqu’aux élections de 2005. Seydou Diarra, un musulman
originaire d’Odjenné (Nord de la Côte d’Ivoire, actuellement sous
contrôle des rebelles du MPCI) qui a déjà dirigé le gouvernement
ivoirien au lendemain du putsch de Noël 1999, a été choisi comme
premier ministre, selon une source citée par l’Agence France Presse,
qui a précisé que l’annonce officielle de cette nomination sera faite
samedi après-midi par le président ivoirien Laurent Gbagbo à
l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris.
Seydou Diarra faisait partie des candidats
officieux à la Primature, car il avait assuré d’octobre à décembre
2001 la délicate présidence du Forum de réconciliation nationale
d’Abidjan, censé mettre un terme aux violences politiques et doter le
pays d’un gouvernement d’union nationale qui a finalement en partie
volé en éclats au lendemain du déclenchement de la rébellion, le 19
septembre dernier. Agé de 70 ans, Seydou Diarra a également participé,
en tant que «sage», à la rencontre de Marcoussis, qui a abouti à un
accord de principe vendredi dernier.
Seydou Diarra devrait diriger un gouvernement de
réconciliation nationale composé de neuf ministres d’Etat représentant
à égalité les trois grandes formations politiques (FPI, PDCI et RDR)
et les rebelles. En choisissant Seydou Diarra, Laurent Gbagbo accepte
le départ de Pascal Affi N’guessan (FPI) mais peut désormais compter
sur un Premier ministre proche du PDCI de feu Houphouët-Boigny, mais
qui a sa confiance, et qui disposera des délégations nécessaires pour
la gestion de la transition, sans toutefois bouleverser le paysage
administratif actuel.
Presque au même moment, au cours d’une longue
suspension de séance, le président Laurent Gbagbo, s’exprimant pour la
première fois depuis la signature de l’accord de Marcoussis, a déclaré
qu’il considérait comme «acceptable et souhaitable» l’accord de
Marcoussis. Et ce à l’issue d’une longue rencontre avec Jacques
Chirac, le président gabonais Omar Bongo et le secrétaire général de
l’ONU Kofi Annan.
De leur côté, les rebelles du MPCI ont annoncé
qu’ils rentreront mardi prochain à Bouaké pour «expliquer l’accord à
la base». «Cet accord est bon, c’est notre accord», a précisé le porte-parole
Konaté Sidiki, avant d’ajouter : «Après, nous irons à Abidjan, car
c’est là que l’accord doit s’appliquer, c’est là que se trouvera le
gouvernement de réconciliation nationale. Nos amis français nous ont
garanti que notre sécurité sera assurée».
Seydou Diarra : Technicien Respecté
Actif sur les scènes politique et économique de
son pays depuis une quarantaine d’année, Seydou Diarra a largement
fait la démonstration de sa principale qualité : il peut travailler
avec tout le monde. Mais son talent suffira-t-il à faire accepter ce
choix aux Ivoiriens ?
Le nouveau Premier ministre ivoirien, Seydou
Elimane Diarra, a déjà deux atouts : l’âge et l’expérience. Il fêtera
ses soixante-dix ans le 23 novembre prochain et il est, de longue
date, un acteur engagé de la vie publique ivoirienne, tant aux niveaux
politique qu’économique, et aussi bien sur les plans national,
qu’international.
Ingénieur agronome de formation, Seydou Diarra a
notamment exercé ses compétences professionnelles au sein de la Caisse
de stabilisation des prix des produits agricoles (la Caistab,
aujourd’hui disparue), ainsi qu’à la tête de plusieurs sociétés agro-industrielles.
Ses qualités de technicien le désignent pour devenir ambassadeur, au
Brésil et auprès de la Communauté économique européenne. Il occupe
enfin le fauteuil de président de la Chambre de commerce et
d’industrie de Côte d’Ivoire, avant d’être rattrapé par l’accélération
des événements dans son pays.
Peu après le coup d’Etat militaire de Noël 1999,
à partir de janvier 2000, les tractations vont bon train pour tenter
de monter une équipe de transition. Il va accepter le poste de Premier
ministre que lui propose le chef de la junte au pouvoir, le général
Robert Gueï. Une curieuse cohabitation s’installe en Côte d’Ivoire, au
sein de laquelle on retrouve des militaires putschistes et des membres
de partis politiques, du FPI du futur candidat Laurent Gbagbo pour
l’essentiel. Ce dernier lui rendit d’ailleurs un vibrant hommage pour
le travail accompli en prenant ses fonctions, une fois élu. Et dans
les jours qui suivirent, il fût placé à la tête de la délégation
chargée d’effectuer une tournée d’explications à Washington et à New
York, auprès des grandes administrations politique et économique,
américaine et internationale.
Il peut travailler avec tout le monde
Mais sa principale contribution au
service de son pays restera sans doute le rôle qu’il joua à la tête du
forum de réconciliation nationale, en 2001. L’affaire est menée
honnêtement, et jusqu’à son terme. On évoque alors la Commission
vérité et réconciliation sud-africaine (Truth and Reconciliation
Commission), chargée d’entendre les victimes de l’apartheid et
d’engager des poursuites contre leurs bourreaux. Seydou Diarra écoute
et prend conseil : il est notamment reçu à Libreville à cette époque
par le président Bongo, toujours attentif au dossier, comme nous le
voyons aujourd’hui encore. Seydou Diarra réussit même à faire venir
témoigner les quatre principaux acteurs : le général Gueï (ex-chef de
la junte au pouvoir), Henri Konan Bédié (PDCI), Alassane Ouattara (RDR)
et le président de la République en personne. Et les 22 et 23 janvier
2002, à Yamoussoukro, les quatre hommes se rencontrent et conviennent
que la délivrance d’un certificat de nationalité au leader du RDR
ouvrirait la voie à un retour rapide de la paix et de la stabilité.
La suite de l’histoire est celle de l’inexorable
montée des périls. Malgré des mois de vaines tentatives, cette
résolution n’aura jamais de traduction concrète. En juin, Seydou
Diarra renonce. La formule de gouvernement d’union nationale mise sur
pied par le président Gbagbo ne fonctionne pas. La Côte d’Ivoire entre
en guerre civile le 19 septembre.
Si les conditions de l’accession de Seydou
Diarra à la primature ne sont pas les meilleures, c’est certainement
moins sa personnalité que les circonstances de son arrivée qui sont en
cause. Les apparences sont sauves mais, à l’évidence, il n’a pas été
choisi par les Ivoiriens mais par les parrains du processus de
réconciliation. Le président français, son homologue gabonais et le
secrétaire général de l’ONU (dont Seydou Diarra a été l’envoyé spécial
lors des dernières élections au Cameroun) ont dû longuement entourer
le chef de l’Etat ivoirien, à la veille du sommet, pour le convaincre
de la pertinence de ce choix. Toutefois Seydou Diarra dispose, outre
ses compétences de technicien, d’un capital inestimable : il a prouvé
qu’il pouvait travailler avec tout le monde. Dernière qualité, enfin :
il n’a pas d’ambition politique et, à ce titre, ne constitue donc une
menace pour personne.
Seydou Diarra est musulman de confession,
originaire de la ville de Katiola. Il est marié et père de sept
enfants.
PARIS. Koulibaly a quitté la Table Ronde
Premier coup d’éclat à Marcoussis: le président
de l’Assemblée nationale ivoirienne a quitté précipitamment la réunion
inter-ivoirienne de Marcoussis, après avoir mis en cause les méthodes
quelque peu «à la hussarde» utilisées par Pierre Mazeaud.
Mamadou Koulibaly a littéralement claqué la
porte. Visiblement agacé par la méthode employée par le président de
la table ronde de Marcoussis, l’ancien ministre français Pierre
Mazeaud, le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, également
membre du FPI (le parti de Laurent Gbagbo), a quitté lundi après-midi
la réunion de réconciliation et a aussitôt regagné Abidjan, où il a
été aussitôt reçu par le président de la République. Toujours partisan
du langage franc, Mamadou Koulibaly avait auparavant mis les pieds
dans le plat à plusieurs reprises, lors des réunions plénières de la
table ronde, en s’adressant tout à la fois à ses concitoyens ivoiriens
et au «coordonateur» français.
Interrogé par Boniface Vignon de la rédaction
Afrique de RFI, le président de l’Assemblée nationale a reconnu avoir
été souvent irrité, en tant qu’Africain et en tant que responsable de
l’Etat ivoirien, par Pierre Mazeaud, et notamment d’avoir été «rabroué»
par celui-ci. Il n’a visiblement pas supporté que l'ancien ministre
français ait quelque peu imposé ce qu’il a qualifié de «consensus à la
hussarde» sur des questions somme toute secondaires. Sans affronter
les «vrais problèmes» qui concerne directement la paix la Côte
d’Ivoire, à commencer par le désarmement et le cantonnement des forces
rebelles préconisé dès la première rencontre de la CEDEAO à Accra
(Ghana).
«Mazeaud est trop favorable aux rebelles»
«J’ai constaté que Pierre Mazeaud était en train
de faire un coup d’Etat constitutionnel. Ce que les rebelles n’ont pas
réussi à faire militairement, il le fait à Marcoussis, a déclaré
mercredi matin Mamadou Koulibaly. Au lieu de rappeler les procédures
constitutionnelles, de condamner l’usage des armes, M. Mazeaud a
renversé le problème: ce ne sont plus les rebelles, c’est le peuple de
Côte d’Ivoire qui se retrouve à la barre des accusés». Pour le
président de l’Assemblée nationale, «la méthodologie de travail de
Pierre Mazeaud, son comportement et ses propos au cours de la table
ronde ne sont pas de nature à favoriser un travail serein, surtout
pour quelqu’un comme moi. Il fait pression pour que nous changions nos
textes pour plaire aux rebelles». Selon lui le médiateur «est trop
favorable aux rebelles et au RDR». «C’est le président de la
République qui est parti, par respect des textes, des juges et de la
Constitution. Moi je ne pouvais pas accepter cela, mais le reste de la
délégation travaille et continue de discuter. On attend que les chefs
d’Etat de réunissent et nous assumerons leurs décisions» a-t-il conclu.
Mamadou Koulibaly - on le savait déjà - n’aime
pas le langage des diplomates et leur langue de bois. Récemment, lors
d’un débat à la télévision ivoirienne, il avait mis en cause le
président burkinabè Blaise Compaoré, en affirmant qu’il voulait
conquérir la Côte d’Ivoire pour offrir un port sur l’Atlantique à son
pays. En ajoutant que, selon, lui, «l’ennemi de la Côte d’Ivoire, ce
n’est pas Alassane Ouattara, mais Blaise Compaoré».
Dès les premières séances plénières de la table
ronde de Marcoussis, Mamadou Koulibaly a, selon des sources citées par
le quotidien Fraternité Matin, contesté la nationalité ivoirienne du
président du RDR Alassane Ouattara et demandé aux institutions
internationales (le FMI et la BECEAO) dans lesquelles ADO a travaillé
dans le passé de mettre leurs dossiers à la disposition du sommet de
Paris. Il aurait également soulevé un autre lièvre susceptible de
provoquer de nouvelles polémiques: le financement de la rébellion, qui
dispose visiblement d’un armement moderne et d’importants moyens de
communication et de transport.
Avant même de quitter Abidjan pour Paris,
Mamadou Koulibaly avait publiquement soutenu que son parti ne devait
pas s’asseoir autour de la table des négociations en étant sur la
défensive. Au contraire, selon lui, il convenait d’accepter
l’invitation française afin de pouvoir enfin aborder toutes les
questions concernant la crise ivoirienne, même si cela pouvait mettre
en cause des pays voisins.
Après avoir reçu le président de l’Assemblée,
Laurent Gbagbo a tenu à faire savoir mardi soir qu’il n’avait pas
demandé à Mamadou Koulibaly de revenir en Côte d’Ivoire. Ce qui
signifie que les négociations de Marcoussis peuvent se poursuivre,
même si le retrait retentissant d’une des figures les plus connues
d’Abidjan traduit le désenchantement de certains délégués en
provenance d’Abidjan (notamment au sein du FPI), qui n’ont toujours
pas accepté d’être mis sur un pied d’égalité avec des rebelles
responsables du déclenchement de la «guerre civile larvée» en cours
depuis plus de quatre mois.
Pour les partisans de Laurent Gbagbo, la
question essentielle à affronter à Marcoussis, et qui conditionne
l’avenir politique du pays comme le retour à la paix, demeure le
cantonnement des rebelles et la reprise du travail de l’administration
sur l’ensemble du territoire. Alors que dans de nombreuses villes
contrôlées par la rébellion les bâtiments administratifs ont été
abondamment pillés et vidés. Ce qui ne peut que retarder encore plus
l’éventuelle révision des listes électorales et l’établissement des
cartes d’identité ivoiriennes comme des cartes de séjour pour les
étrangers.
MONROVIA. Les Libériens attaquent à l’Ouest
A l’ouest de la Côte d’ivoire, une recrudescence
des attaques armées contre les positions tenues par l’armée française
font peser une lourde menace sur les négociations inter ivoiriennes de
Marcoussis. Le Mpigo et le MJP sont tenus responsables des dérapages
occasionnés par leurs éléments libériens.
Les légionnaires français du 21ème REP (Régiment
étranger de parachutistes) sont la cible, depuis quelques jours,
d’attaques répétées des mouvements rebelles de l’ouest, dans la région
de Duékoué. Ces attaques seraient l’œuvre «d’éléments incontrôlés» du
Mpigo et du MJP : des Libériens. Selon des sources militaires
françaises, ils seraient plusieurs milliers à s’être infiltrés en Côte
d’Ivoire. A Duékoué, les Libériens auraient attaqué aux lance-roquettes,
avant d’être repoussés par les patrouilles françaises qui ont relevé
deux blessés graves dans leur camp. L’un d’eux a été amputé de l’avant-bras.
A Toulépleu, les Libériens ont encerclé les forces loyalistes
ivoiriennes, tentant de leur reprendre la ville.
Selon un communiqué de l’état-major de
l’opération Licorne à Abidjan, «il est maintenant avéré que des bandes
importantes d’incontrôlés venant du Libéria ont fait intrusion en
territoire ivoirien dans la région de Toulépleu, depuis le 22 janvier
après-midi. Ces bandes font régner un climat de violence grave sur les
populations ivoiriennes frontalières et leurs exactions sont à même de
remettre en cause le statu quo issu de la signature de cessation des
hostilités entre le gouvernement ivoirien et les rebelles de l’ouest».
L’état-major des Forces armées ivoiriennes qui avait menacé de faire
décoller des hélicoptères de combat Mi-24, en a été dissuadé par le
général Emmanuel Beth, commandant l’opération Licorne en Côte d’Ivoire
qui veut éviter «tout dérapage». Mais de sources diplomatiques à Paris
«on n’émet aucune objection à l’utilisation de ces hélicoptères, si
les ripostes ne dépassent pas la ligne de front tenue par les Français».
Pour le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères,
François Rivasseau, «les lignes ne doivent pas bouger. C’est une règle
de base qu’il faut respecter pendant que la conférence se tient».
«C’est une affaire entre Gbagbo et Taylor»
Les rebelles du Mpigo, directement mis en cause,
démentent toute implication dans les différentes attaques de Toulépleu
et de Duékoué. Ils reconnaissent que ces attaques ont été menées par
des Libériens mais qui n’appartiendraient pas à leur mouvement. Pour
Félix Doh, un des responsables des opérations militaires du Mpigo, et
présent à Marcoussis, «le gouvernement d’Abidjan avait cautionné des
mercenaires qui ont attaqué le Libéria, et aujourd’hui subit une
réaction des Libériens. Cela ne nous regarde pas. C’est une affaire
entre Gbagbo et Taylor», dit-il avant d’affirmer qu’aucun soldat se
revendiquant du Mpigo ne se trouverait à Toulépleu.
Le porte-parole du ministère français des
Affaires étrangères, se référant au communiqué de l’état-major de
l’opération Licorne en Côte d’Ivoire, parle effectivement
d’infiltration de «Libériens» en territoire ivoirien. Les
renseignements des forces françaises sont précis. Ils mettent en cause
des bandes venues de l’étranger (Libéria), sans nommément accuser le
Libéria et son président Charles Taylor. De source diplomatique ces
dernières évolutions de la crise ivoirienne oblige à une «approche
nouvelle de la situation», et on ne serait pas loin d’une agression
étrangère à Toulépleu. «La France ne pourrait tolérer une
libérialisation de la Côte d’Ivoire», déclare François Rivasseau, le
porte-parle du ministère français des Affaires étrangères.
Mugabe invité à Paris
«Scandaleux», a protesté Clare Short, la
secrétaire d’Etat britannique du Développement international, à
l’annonce de l’invitation lancée par Jacques Chirac à Robert Mugabe.
En conviant le chef de l’Etat zimbabwéen au prochain sommet des chefs
d’Etat africains, qui se tiendra à Paris du 19 au 21 février, Jacques
Chirac a choqué la Grande-Bretagne. Et ce, d’autant plus que les
sanctions « ciblées» prises l’an dernier par l’Union européenne (UE) à
l’encontre des dirigeants zimbabwéens, sont sur le point d’être
prolongées.
La Grande-Bretagne entend peser de tout son
poids pour que les ministres des Affaires étrangères de l’UE, en
réunion le 27 janvier à Bruxelles, renouvellent des sanctions qui ont
pour principal effet d’empêcher les dirigeants zimbabwéens de se
rendre en Europe. La France pourrait néanmoins demander une dérogation.
Cette possibilité est prévue dans le texte des sanctions, à condition
que les visites s’inscrivent dans un «dialogue politique visant à
promouvoir la démocratie, l'Etat de droit, et les droits de l'Homme au
Zimbabwe».
A en croire un diplomate européen en poste à
Pretoria, le vieux complexe de Fachoda continue d’expliquer l’attitude
du président français. L’éternelle rivalité des anciennes puissances
coloniales avait déjà incité Jacques Chirac à choquer Londres, en
recevant le 6 mars 2001, Robert Mugabe au palais de l’Elysée. Une «visite
privée» au cours de laquelle il avait surtout été question de la
République démocratique du Congo (RDC). Aujourd’hui, le Quai d’Orsay
prend le soin d’indiquer que la France «comprend l'émotion et
l'indignation du peuple britannique», tout en insistant sur sa «ferme
conviction d’avoir agi de façon conforme à la réglementation».
Un «deal» sur les voyages de Mugabe
En Grande-Bretagne, l’indignation est telle que
le Zimbabwe est en passe de devenir une question de politique
intérieure. Les conservateurs ont demandé des explications au
gouvernement travailliste de Tony Blair sur sa position à l’égard de
Harare. Le Premier ministre britannique a appelé, en vain, l’équipe
nationale de cricket à boycotter les matches qui seront organisés au
Zimbabwe lors de la prochaine Coupe du monde. Ces appels n’ont pas
empêché des tractations, dans les coulisses de l’UE, en vue d’un
«deal» sur les voyages de Mugabe. Londres fermerait les yeux sur la
visite parisienne, en échange d’un «non» formel de l’UE à la présence
de Robert Mugabe lors du prochain sommet Afrique-UE, prévu au mois de
mai au Portugal.
Au Zimbabwe, l’invitation de Jacques Chirac est
déjà présentée comme un triomphe diplomatique. A en croire le
quotidien pro-gouvernemental The Herald, «l’invitation intervient à la
suite d’un échec continuel de la Grande-Bretagne dans sa campagne
contre le Zimbabwe». L’éventuelle prolongation des sanctions
européennes n’inquiète nullement le gouvernement. «Ce n’est pas notre
problème», a affirmé Willard Chiwewe, un secrétaire du ministère des
Affaires étrangères. «Tout ce que nous savons, a-t-il ajouté, c’est
que nous avons été invités à Paris, et que nous avons accepté
l’invitation. Ce sommet est pour les Africains, et nous sommes
Africains».
L’opposition du Mouvement pour le changement
démocratique (MDC ) a, de son côté, vivement critiqué les pays qui
voient en Robert Mugabe un interlocuteur crédible. Après l’élection
présidentielle des 9 et 10 mars 2002, entachée de nombreuses violences
politiques et d’irrégularités, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne
ont refusé de reconnaître Robert Mugabe comme un chef d’Etat légitime.
Aussi Morgan Tsvangirai, le leader du MDC, a-t-il accusé jeudi la
France de «maintenir une tradition de soutien aux dictatures, à
l’encontre des aspirations démocratiques du peuple du Zimbabwe». Il
s’en est plus particulièrement pris à l’Afrique du Sud, qu’il a
accusée d’être un «médiateur partial, hypocrite et malhonnête» dans la
crise zimbabwéenne. Kgalema Mothlante, le secrétaire général du
Congrès national africain (ANC), a répondu à ces attaques en assurant
avoir des liens avec l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front
patriotique (Zanu-PF, au pouvoir), tout comme avec l’opposition. Il a
cependant décrit la Zanu-PF comme un «parti frère», et le MDC comme un
«tout nouveau mouvement de protestation, apparu seulement avant les
dernières élections de janvier».
Né en 1999 d’un mouvement syndical, le MDC
aurait peut-être remporté les élections de mars dernier, s’il avait pu
compter sans la fraude, dénoncée par tous les observateurs électoraux
accrédités par Harare - à l’exception notable de la délégation envoyée
par Thabo Mbeki. Le président sud-africain, qui sera également au
sommet de Paris, plaide inlassablement pour une approche
«constructive» de la crise au Zimbabwe.
TOGO.
POUR LA PRÉSIDENCE À VIE:GÉNÉRAL EYADÉMA
En modifiant l’article 59 de la
Constitution, l’Assemblée nationale offre au général Eyadema la
possibilité de se représenter pour un troisième mandat de cinq ans.
Les députés togolais ont estimé que la limitation des mandats
présidentiels portait «atteinte à la liberté du peuple de choisir
librement son président».
C’était l’une des dispositions
essentielles de l’accord-cadre conclu entre l’opposition et la
mouvance présidentielle en juillet 1999: deux mandats présidentiels de
cinq ans, et pas plus. Mais au fur et à mesure qu’approchait
l’échéance de l’élection présidentielle, au mois de juin 2003, la
question taraudait tous les acteurs et observateurs de la vie
politique togolaise. Désormais l’affaire est réglée: le général
Gnassingbé Eyadéma, arrivé au pouvoir après un putsch en 1967 et doyen
des chefs d’Etat africains en exercice, pourra briguer un troisième
mandat de cinq ans en juin 2003.
La modification de la Constitution
adoptée au cours de cette nuit du 30 au 31 décembre avait été
accompagnée, au cours de l’année écoulée, d’un retour en force du
sujet sur la scène politique nationale. Depuis plus d’un an, en effet,
les amis du chef de l’Etat togolais avaient entamé les travaux
préliminaires, conduits notamment par le président de l’Assemblée
nationale et l’ancien Premier ministre. Les deux hommes avaient été
démentis par le président lui-même qui avait alors maintes fois
réaffirmé son intention de respecter à la lettre la Loi fondamentale.
«En 2003, je vais me reposer», avait dit le président Eyadéma à l’AFP
en juillet 2001. Désormais il dispose donc d’un texte qui lui laisse
le choix de poursuivre sa carrière dans le cadre d’une légalité
constitutionnelle ajustée à sa mesure.
Certes, Gnassingbé Eyadéma n’est
pas obligé de s’en servir. Après plus de trente-cinq ans passés à la
tête du pays, au cours desquels il aura vu le paysage politique de
toute la région se transformer plus ou moins radicalement sous
l’influence d’une incontestable démocratisation des régimes, il peut
toujours choisir de prendre sa retraite. Mais ses opposants semblent
au contraire persuadés qu’il ne le fera pas et que la modification de
l’article 59 n’a pas d’autre objectif que d’assurer la pérennité de
son pouvoir. L’opposition, qui anticipait un mauvais coup, estime que
le processus qui a conduit à cette décision est une «mascarade» (Edem
Kodjo, Convergence patriotique panafricaine), qu’il s’agit d’un «acte
de parjure» de la part du président (Léopold Gnininvi, le Front), «un
coup de force» contre lequel le peuple togolais est appelé à se
mobiliser immédiatement (Jean-Pierre Fabre, Union des forces de
changement).
Les ratages du calendrier électoral
Sur le plan international, ce
dernier épisode risque de ternir un peu plus la réputation de ce pays
et renvoyer à plus tard la normalisation de ses relations avec la
communauté internationale. La dégradation de ces relations remontent
au début des années 90, avec la répression sanglante des
manifestations d’opposants réclamant une libéralisation du régime,
toujours promise, toujours remise. Alors que le continent s’affranchit
peu à peu de ses dictateurs, le régime togolais s’enfonce dans une
dérive autoritaire qui entraîne le pays dans une crise économique et
sociale dont il ne se relève pas. En 1992 l’Union européenne (UE)
rompt ses relations avec Lomé, puis les reprend en 1995 pour
finalement, face à une mauvaise volonté politique évidente de la part
des autorités togolaises, les interrompre à nouveau en 1998. Le 2
juillet dernier, le directeur de la banque mondiale chargée du secteur
de l’énergie en Afrique plaçait le Togo devant le Zimbabwe dans la
liste des pays sources de difficultés.
Entre-temps tous les grands
rendez-vous du calendrier électoral sont des ratages successifs au
cours desquels les électeurs, impuissants, assistent à la confiscation
de leurs votes. Les leaders d’opposition vivent dans la menace ou en
exil. L’UE, la Francophonie, tentent des médiations. Elles se
solderont par des échecs. Et circule de plus en plus l’idée que
l’intérêt de la classe dirigeante togolaise est que l’aide publique ne
reprenne pas, compte tenu des conditions de démocratisation posées par
la communauté internationale pour la reprise de cette aide. Un
spécialiste allemand cité par le quotidien français Le Figaro,
déclarait l’année dernière: «De toute façon, là-haut, leurs poches
sont déjà pleines…»
Au cours de la nuit, l’amendement
de la Constitution togolaise n’a été que pure formalité. Le parti
présidentiel totalise 72 sièges sur 81 à l’Assemblée nationale depuis
le scrutin législatif d’octobre dernier, boycotté par l’opposition. La
modification de l’article 59 a donc été approuvée à l’unanimité. Autre
changement: ce sera un scrutin à un seul tour, et non pas deux, ce qui
évitera, le cas échéant, au président sortant l’humiliation d’avoir à
affronter en combat singulier un opposant devant les électeurs.
KENYA. DANIEL arap MOI, LE DINAUSORE QUITTE LE POUVOIR.
Le président Daniel arap Moi ne se représente
pas à l’occasion des élections générales du vendredi 26 décembre au
Kenya. Après 24 ans de règne, il laisse ses «héritiers» se disputer la
succession.
La chose n'est pas si fréquente : un «dinosaure»
africain d'en va sur la pointe des pieds. Au soir de vingt-quatre ans
de règne, Daniel arap Moi, le président kenyan, a décidé de respecter
la constitution de son pays, qui lui interdit un troisième mandat, et
de passer la main.
Ainsi se clôt un quart de siècle de règne d'un
des présidents les plus mystérieux du continent, réputé féroce
tacticien et manśuvrier politique au point, soupçonné de ne jamais
vouloir abandonner volontairement le pouvoir, et dont nul ne savait,
un an avant ce scrutin, s'il ne tenterait pas un coup de force
constitutionnel en imposant sa candidature, une nouvelle fois. Mais
Daniel arap Moi a choisi de quitter le pouvoir avec une élégance à
laquelle il n'avait habitué le Kenya.
Daniel arap Moi est devenu président en 1978, à
la mort du premier président Jomo Kenyatta dont il était le vice-président.
Dans les années 80, suite à une tentative de coup d'Etat d'officiers
de l'armée de l'air, il avait versé dans un autoritarisme de plus en
plus sévère, qui avait déclenché de vastes manifestations de
protestation, et le retour au multipartisme en 1991. Depuis, lors des
deux élections présidentielles au suffrage universel de 1992 et 1997,
il était parvenu, face à une opposition minée par ses divisions, et en
usant de violence et de tricherie, à l'emporter.
Des cinq candidats qui s'affronteront vendredi
27 décembre pour lui succéder et devenir le premier président de
l'histoire kenyane arrivé au pouvoir au terme d'une transition
démocratique, deux seulement sont en mesure de l'emporter.
Mwai Kibaki, 71 ans, est un vieux routier de la
politique kenyane, formé dans un moule similaire à celui de Daniel
arap Moi, 78 ans, et dont la carrière a commencé avant l'indépendance.
Economiste de formation, à la tête du Parti démocratique (DP) après
avoir été l'un des piliers de la Kanu, pendant de longues années, il
s'est déjà présenté deux fois, sans succès, contre Daniel arap Moi. Il
est cette fois à la tęte de la Coalition nationale Arc-en-ciel (NARC),
vaste coalition d'une douzaine de groupes, mouvements et partis dont
le point commun est de s'opposer à la Kanu (l'Union nationale
africaine du Kenya), le parti au pouvoir depuis l'indépendance.
Le candidat de la Kanu, Uhuru Kenyatta, est le
fils du «père de la nation», Jomo Kenyatta. Lorsque Daniel arap Moi a
fait connaître, en aoűt, sa décision de choisir ce «jeune homme» de 42
ans, novice en politique, comme dauphin et de l'imposer comme candidat
du parti au pouvoir, la Kanu, il a entraîné l'explosion de son parti.
La vieille garde, au sein de laquelle plusieurs héritiers potentiels
attendaient leur heure, n'a pas tardé à créer une branche dissidente,
puis à faire sécession et à rejoindre les rangs de l'opposition pour
constituer une vaste coalition qui s'est donné Mwai Kibaki comme
candidat pour la présidentielle. Ce dernier se voit ainsi doté d'une
arme à double tranchant. Il a désormais autour de lui un vaste
rassemblement de poids-lourds de la politique kenyane, dont les
ambitions ont été déçues par la Kanu. Parmi eux, certains font partie
des principaux responsables du pillage organisé de l'Etat, au cours
des deux décennies écoulées.
Mwai Kibaki, qui a été, dix ans durant, le vice-président
de Daniel arap Moi avant d'ętre écarté du pouvoir en 1988 et de
devenir le chef de file de l'opposition, saura-t-il répondre aux
espoirs des Kenyans en imposant une nouvelle façon de gouverner?
L'enjeu est de taille, alors que le pays, miné par la corruption, ne
doit qu'au dynamisme de ses entrepreneurs de n'avoir pas été frappé
par un désastre économique. Le bilan des années Moi est lourd: la
moitié environ de la population vit avec moins d'un dollar par jour
dans un pays qui figurait parmi les plus prospères du continent
pendant les années 70. En raison de sa gestion douteuse des fonds
publics, le Kenya est également privé de soutien par les bailleurs de
fonds, Fond monétaire international (FMI) et Banque mondiale en tête.
Dans ce contexte, les élections générales se
présentent comme un tournant de l'histoire kenyane. Uhuru Kenyatta,
comme Mwai Kibaki, s'est engagé à changer la politique kenyane.
Soutenu par de puissants barons du régime, qui l'ont littéralement
projeté à ce poste, aurait-il les moyens, en cas d'élection, de
s'affranchir de leur tutelle? Rien n'interdit de le penser, d'autant
que son parrain, Daniel arap Moi, s'était lui-męme trouvé dans une
situation similaire lors de son arrivée au pouvoir en 1978. Nul ne lui
prédisait alors une longue carrière à la tête de l'Etat. Il s'y est
cependant maintenu un quart de siècle. Mais Uhuru Kenyatta
souhaitera-t-il pour autant, en cas de victoire, solder les comptes de
l'ère Moi et bénéficier d'un droit d'inventaire sur les malversations
de l'entourage présidentiel pendant deux décennies? Ni lui, ni Mwai
Kibaki, ne se sont prononcés clairement sur ce point, laissant planer
la menace d'une amnistie informelle dans les deux camps.
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WASHINGTON, DC.
LOTERIE DE VISA 2004
INSTRUCTIONS FOR THE 2004
DIVERSITY IMMIGRANT VISA PROGRAM (DV-2004)
The congressionally mandated
Diversity Immigrant Visa Program is administered on an annual basis by
the Department of State and conducted under the terms of Section
203(c) of the Immigration and Nationality Act (INA). Section 131 of
the Immigration Act of 1990 (Pub. L. 101-649) amended INA 203 to
provide for a new class of immigrants known as "diversity immigrants"
(DV immigrants). The Act makes available 50,000 permanent resident
visas annually to persons from countries with low rates of immigration
to the United States.
The annual DV program makes
permanent residence visas available to persons meeting the simple, but
strict, eligibility requirements. Applicants for Diversity Visas are
chosen by a computer-generated random lottery drawing. The visas,
however, are distributed among six geographic regions with a greater
number of visas going to regions with lower rates of immigration, and
with no visas going to citizens of countries sending more than 50,000
immigrants to the U.S. in the past five years. Within each region, no
one country may receive more than seven percent of the available
Diversity Visas in any one year.
For DV-2004, natives of the
following countries1 are not eligible to apply because they sent a
total of more than 50,000 immigrants to the U.S. in the previous five
years:
CANADA, CHINA (mainland-born),
COLOMBIA,DOMINICAN REPUBLIC, EL SALVADOR, HAITI, INDIA, JAMAICA,
MEXICO, PAKISTAN, PHILIPPINES, SOUTH KOREA, UNITED KINGDOM (except
Northern Ireland) and its dependent territories, and VIETNAM. Persons
born in Hong Kong SAR, Macau SAR and Taiwan are eligible.
1 The term "country" in this notice
includes countries, economies and other jurisdictions explicitly
listed.
ENTRIES FOR THE DV-2004 DIVERSITY
VISA LOTTERY MUST BE RECEIVED AT ONE OF THE KENTUCKY CONSULAR CENTER
MAILING ADDRESSES BETWEEN NOON ON MONDAY, OCTOBER 7, 2002 AND NOON ON
WEDNESDAY, NOVEMBER 6, 2002. ENTRIES RECEIVED BEFORE OR AFTER THESE
DATES WILL BE DISQUALIFIED REGARDLESS OF WHEN THEY ARE POSTMARKED.
ENTRIES MAILED TO ANY ADDRESS OTHER THAN THE KENTUCKY CONSULAR CENTER
ADDRESSES WILL BE DISQUALIFIED.
REQUIREMENTS FOR ENTRY
Applicant must be a native of one
of the countries listed. See "List Of Countries By Region Whose
Natives Qualify."
Native of a country whose natives
qualify: In most cases this means the country in which the applicant
was born. However, if a person was born in a country whose natives are
ineligible but his/her spouse was born in a country whose natives are
eligible, such person can claim the spouse’s country of birth
providing both the applicant and spouse are issued visas and enter the
U.S. simultaneously. If a person was born in a country whose natives
are ineligible, but neither of his/her parents was born there or
resided there at the time of the birth, such person may be able to
claim nativity in one of the parents’ country of birth.
Applicant must meet either the
education or training requirement of the DV program.
Education or Training: An applicant
must have EITHER a high school education or its equivalent, defined as
successful completion of a 12-year course of elementary and secondary
education; OR two years of work experience within the past five years
in an occupation requiring at least two years of training or
experience to perform. The U.S. Department of Labor's O*Net OnLine
database will be used to determine qualifying work experience: http://online.onetcenter.org.
Applicants will also find a link to a Labor Department list of
qualifying occupations at the Consular Affairs website: http://travel.state.gov
If the applicant cannot meet these
requirements, he or she should NOT submit an entry to the DV program.
PROCEDURES FOR SUBMITTING AN ENTRY
TO DV-2004
All entries by an applicant will be
disqualified if more than ONE entry for the applicant is received,
regardless of who submitted the entry.
The entry will be disqualified if
the entry is not PERSONALLY SIGNED by the applicant in his/her native
alphabet, as it would appear on his/her passport or other official or
contractual obligations. Neither an initialed signature nor block
printing of the applicant’s name will be accepted and will result in
the disqualification of the entry. If an applicant chooses to sign
his/her name in the Roman alphabet and that is not their native
alphabet, he/she must also sign in his/her native alphabet.
The entry will be disqualified if
all required photos are not attached. Recent photographs of the
applicant and his/her spouse and each child, including all natural
children as well as all legally-adopted and stepchildren, excepting a
child who is already a U.S. citizen or a Legal Permanent Resident,
even if a child no longer resides with the applicant, must be attached
to the entry. The name and date of birth of each family member must be
printed on the back of their photo. Group or family photos will not be
accepted; there must be a separate photo for each family member.
Photos should be attached with tape and not stapled to the entry. If
there is insufficient room on the front of the entry, applicants may
tape photos to the back of the page.
If photos do not conform to the
following specifications, the entry will be disqualified:
SIZE: Between 1 ½ by 1 ½ and 2 by 2
inches (37-50 mm) square, with the applicant’s, spouse's, or child's
name and date of birth printed on the back.
Applicant, spouse, or child must be
directly facing the camera; the head of the person being photographed
should not be tilted up, down or to the side, and should cover about
50% of the area of the photo.
The photo should be taken with the
person being photographed in front of a neutral, light-colored
background. Photos taken with very dark or patterned, busy backgrounds
will not be accepted.
Photos in which the face of the
person being photographed is not in focus will not be accepted.
Photos in which the person being
photographed is wearing sunglasses or other paraphernalia which
detracts from the face will not be accepted.
Photos of applicants wearing head
coverings or hats are only acceptable due to religious beliefs, and
even then, may not obscure any portion of the face of the applicant.
Photos of applicants with tribal or other headgear not specifically
religious in nature is not acceptable. Photos of military, airline or
other personnel wearing hats will not be accepted.
Photos may be either color or black
and white.
THE ENTRY
There is no specific format for the
entry. Simply use a plain sheet of paper and type or clearly print in
the English (Roman) alphabet the following information. Failure to
provide all of this information will disqualify the applicant’s entry.
1. FULL NAME, with the last
(surname/family) name underlined
EXAMPLES: Public, Sara Jane (or)
Lopez, Juan Antonio
2. DATE AND PLACE OF BIRTH
Date: Day, Month, Year, EXAMPLE: 15
November 1961
Place: City/Town,
District/County/Province, Country
EXAMPLE: Munich, Bavaria, Germany
TOGO. Un opposant en prison
pour avoir diffamé le chef de l'Etat
Claude Améganvi, l’un des leaders
de l’opposition radicale au régime du président togolais Gnassingbé
Eyadéma, vient d’être condamné à la prison ferme pour «atteinte à
l’honneur» du chef de l’Etat. Il devra purger quatre mois de prison et
payer 100 000 francs CFA d’amende.
Le Secrétaire général du Parti des
travailleurs (opposition radicale), Claude Améganvi, poursuivi par le
ministère public pour «atteinte à l'honneur» du chef de l'Etat et
«trouble à l'ordre public», a été condamné vendredi par le tribunal de
première instance de Lomé à quatre mois de prison ferme. M. Améganvi
doit également verser une amende de 100 000 francs CFA ainsi qu'un
franc symbolique «pour le préjudice subi par la partie civile».
L'opposant togolais, condamné aux
mêmes peines que le directeur d'un journal d'opposition, Julien Ayi,
était poursuivi comme complice dans la publication, début août 2002
par deux journaux togolais, d'un article sur la fortune «présumée» du
chef de l'Etat et sa famille. Julien Ayi, directeur de publication de
Nouvel Echo, avait attribué la paternité de l'article à Claude
Améganvi.
Lors d'un procès-marathon de 13
heures d'horloge, le 6 septembre dernier, M. Améganvi a plaidé non
coupable, estimant qu'il n'a jamais été impliqué dans la rédaction et
la publication de l'article incriminé. «Non, je ne n'ai pas écrit
l'article incriminé. Non, je n'ai pas transmis l'article aux fins de
publication. Non, je ne suis pas coupable des charges retenues contre
moi, et je demande de ne pas être condamné», avait déclaré Claude
Améganvi pour sa défense.
Un réquisitoire «effarant»
Dans sa réquisition, que la défense
a qualifié d'«effarante», le procureur de la République, Atara
N'Dakéna, avait demandé que les deux prévenus soient condamnés à six
mois de prison ferme pour «atteinte à l'honneur» du chef de l'Etat, à
48 mois pour «trouble à l'ordre public» et à une amende de 100 000
francs CFA chacun. Il requiert par ailleurs 66 mois de prison ferme,
100 000 francs d'amende et un mandat d'arrêt contre deux autres
prévenus, absents à l'audience. «Tout citoyen qui pose des actes
contraires à la loi doit être sévèrement puni», avait déclaré le
procureur, estimant que la culpabilité de tous les prévenus était
établie.
A l'issue du délibéré, le vendredi
13 septembre, le tribunal n'a retenu que le délit d'«atteinte à
l'honneur» pour lequel il condamne les deux prévenus à quatre mois de
prison ferme. Le président de l'audience, Milémina Yaba, a estimé que
le délit de trouble à l'ordre public «n'est pas constitué» et a décidé
de relaxer les prévenus à cet effet. Il a par ailleurs condamné le
rédacteur en chef de Nouvel Echo, Alphonse Névamé Klu, en fuite, à six
mois de prison ferme, à 100 000 francs d'amende et confirmé un mandat
d'arrêt contre lui.
Le collectif de la vingtaine
d'avocats qui se sont constitués pour la défense de l'opposant
togolais a salué l'«effort» fourni par le juge en rejetant le «délit
d'anthropophagie» cité par le ministère public pour justifier
l'inculpation de trouble à l'ordre public. La défense continue par
contre de nier la culpabilité de son client et qualifie sa
condamnation d'«injuste». «Pour nous avocats de la défense, notre
client n'a rien fait. N'étant mêlé ni de près ni de loin à la
publication de l'article incriminé, le condamner à quatre mois
d'emprisonnement ferme pour délit d'atteinte à l'honneur, pour nous,
paraît injuste et nous allons nous battre jusqu'au bout sur ce
chapitre», a déclaré Me Dodji Apévon, un des conseils de M. Améganvi.
En revanche Me Tcitchao Tchalim,
avocat de la partie civile, pour qui le verdict salue «une révélation
d'un enseignement important, celui de l'utilisation comme couverture
de la presse privée par certains leaders de l'opposition qui, dans un
combat déloyal face à mon client, utilisent des journalistes pour des
coups fourrés». Pour Me Tchalim, les faits sont «totalement constitués»,
parce qu’au moment où ils se produisaient, Claude Améganvi avait «effectivement
contacté le journal et il se trouvait à Lomé».
L'affaire «ministère public contre
Claude Améganvi» est encore loin de se terminer. Les avocats ont
décidé d'interjeter appel, suite à la décision du tribunal de rejeter
toutes les exceptions de nullité soulevées par la défense. Il s'agit
notamment de procès-verbaux d'interrogatoire qui ont disparu et des
contradictions dans les déclarations du directeur du journal Nouvel
Echo, qui a également affirmé à la barre qu'il a signé ses dépositions
sous la contrainte. Il faut souligner, enfin, que l'article incriminé
était diffusé le 25 juillet 2002 sur Internet par Eloi Koussawo, un
réfugié togolais en Belgique, que le tribunal a finalement décidé de
ne pas condamner pour faute d'éléments de preuves, après l'avoir
poursuivi dans le dossier.
ABIDJAN, DESCENTE MUSCLÉE DANS
LES LOCAUX DE JOURNAUX
Des policiers en uniforme ont effectué une descente
musclée dans les locaux d'un groupe de journaux d'opposition à Abidjan
à la suite de la publication d'un article concernant le ministre de
l'Intérieur Emile Boga Doudou, rapporte mercredi la presse ivoirienne.
Selon de nombreux journaux, qui ne
cachent pas leur indignation, une dizaine de policiers a fait
irruption vers 12h00 locales au siège des éditions Mayama, qui
éditent notamment les quotidiens Le Patriote et Tassouman, deux
publications proches du Rassemblement des Républicains (RDR), parti
d'opposition dirigé par Alassane Ouattara.
Le matin même, Tassouman avait fait
son principal titre de "une" sur le braquage supposé d'une voiture
officielle du ministre de l'Intérieur Emile Boga Doudou, l'un des
hommes forts du gouvernement.
Pour le quotidien, cette
information, qui devait s'avérer erronée, démontrait "l'impuissance du
régime" face à l'insécurité urbaine et constituait une "humiliation"
pour la police.
La descente policière, relatée par
toute la presse avec force détails et plaques minéralogiques à l'appui,
est intervenue quelques heures plus tard, alors que les responsables
du journal étaient au ministère de l'Intérieur pour discuter de
l'affaire et mettre au point un rectificatif.
Plusieurs employés et journalistes
auraient été malmenés, tandis que des bureaux étaient mis sens dessus
dessous, comme en témoignent des photos. En quittant les lieux, les
policiers ont lancé deux grenades lacrymogènes.
Même le quotidien Le National,
connu pour son opposition virulente à Alassane Ouattara, a condamné
cette descente "qui n'est pas à l'honneur de ceux qui l'ont posé".
Officiellement, le ministre de
l'Intérieur a diffusé un communiqué dans lequel il se déclare "nullement
concerné par les actes rapportés dans la presse", tout en annonçant
toutefois une enquête "pour savoir si les éléments mis en cause
relèvent de son département".
Pour sa part, le RDR a dénoncé
mercredi l'opération de police contre ses publications.
"L'agression du quotidien
d'informations générales Le Patriote par une dizaine de policiers se
réclamant de la garde rapprochée du ministre d'Etat, ministre de
l'Intérieur et de la décentralisation, est un cas flagrant" des
"violations flagrantes et répétées des droits de l'Homme qui se
traduisent par des arrestations, des emprisonnements et des détentions
arbitraires", déclare la numéro 2 du parti, Henriette Diabaté, dans un
communiqué.
Mercredi soir, le Parti
démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ancien parti unique, associé au
gouvernement actuel) dénonçait à son tour cette "descente punitive"
qui "rappelle les régimes fascistes".
"La Côte d'Ivoire, qui doit rester
un Etat de droit, ne saurait tolérer ces manquements aux principes
élémentaires de la démocratie", conclut le PDCI dans un communiqué.
CAMEROUN. Des anciens
putschistes dans la galère
Onze officiers accusés d’être
impliqués dans des tentatives de coup d’Etat en 1983 et 1984, ont
saisi la justice. Ils se plaignent d’une mauvaise application de la
loi d’amnistie de 1991.
Ils étaient quatorze officiers,
tous originaires du Nord, accusés d’être impliqués, malgré leurs
dénégations, dans la mutinerie du 6 avril 1984, dont on avait prêté la
paternité à Amadou Ahidjo, premier chef de l’Etat du Cameroun
indépendant, qui avait démissionné de ses fonctions en novembre 1982.
Onze d’entre eux tentent aujourd’hui de relancer la machine judiciaire.
C’est une question de droit autant qu’une affaire de survie. Le
problème? En décembre 2000, le président Biya signe une série de
décrets se rapportant à cette «affaire». Le contexte ne semble pas
être pour peu dans cette réaction présidentielle: Yaoundé doit
accueillir, début janvier 2001, le 21e sommet France-Afrique, et les
hommes en treillis menacent de se faire entendre lors de ces assises.
Dans l’ensemble, les décrets, tout
en réintégrant les officiers dans l’armée à compter de septembre 1993,
les mettent simultanément à la retraite. Il y est par ailleurs précisé
que les intéressés ne bénéficient pas d’une reconstitution de leur
carrière. Du coup, les militaires concernés, jetés en prison depuis
1983-84 - pour une tentative de coup d’Etat - en tirent la conclusion
que leurs carrières venaient d’être amputées de neuf à dix ans.
Résultat, calculette à la main. « Nous nous retrouvons avec des
pensions inférieures à celle d’un sergent-chef ou d’un
maréchal-des-logis-chef », explique le capitaine Hamadjoda Boubakari,
un des onze officiers aujourd’hui dans le désarroi. C’est leur
première plainte.
Les fonctionnaires civils impliqués
dans le putsch de 1983 avaient repris du service
Deuxièmement, aucun d’entre eux n’a
effectivement été réintégré dans les forces armées. Or, la loi
d’amnistie avait clairement prévu que les personnes amnistiées ayant
occupé des emplois publics seraient réintégrées. En troisième lieu, un
des décrets sanctionne les officiers pour les fautes dont ils sont
accusés. Or, lesdites fautes -et spécialement la subversion- sont
couvertes par la loi d’amnistie. D’où l’étonnement de la défense. «En
révoquant rétroactivement ces officiers en décembre 2000, pour les
fautes commises en 1983 ou 1984, on a gravement violé la loi
d’amnistie de 1991», analyse Me Nguefack, avocat de plusieurs
officiers. Et de poursuivre: «Juridiquement, on ne peut pas se fonder
sur les faits déjà amnistiés pour les révoquer. Sinon, l’amnistie n’a
aucun sens».
Autant d’«entorses» au droit qui
ont fondé les officiers, considérés comme des «putschistes», à
recourir d’abord au Président de la République, puis à la Cour suprême.
Car, une forme de discrimination s’est faite jour dans la gestion de
ce dossier par les autorités : sur les quatorze officiers concernés
trois - tous des officiers supérieurs- ont bénéficié d’une bonne
application de la loi d’amnistie. Tous ont vu leur décret de
révocation rapporté depuis 1995, et ont été mis à la retraite sur leur
demande, leur carrière ayant été reconstituées, sans qu’elles soient
amputées des années passées en prison.
Une sorte de politique de «deux
poids, deux mesures», qui laisse perplexe «le groupe des onze», dont
le cas est, au demeurant, fort isolé. Dès 1993, les civils relevant de
la fonction publique et des sociétés parapubliques emprisonnés dans le
cadre des événements d’août 1983 et du 6 avril 1984 avaient repris du
service ; de même que les policiers, sous-officiers et hommes de rangs,
envoyés en prison à la suite des coups d’état manqués de 1983 et 1984,
ont été réintégrés dans leurs corps respectifs.
KAMPALA, OUGANDA. Des prêtres torturés pour avoir dénoncé la guerre
Trois prêtres occidentaux ont été
arrêtés et menacés de morts par l’armée ougandaise alors qu’ils
poursuivaient des pourparlers avec l’Armée de résistance du Seigneur (LRA)
dans le nord de l’Ouganda. L’Armée ougandaise poursuit une vaste
offensive depuis le mois de février dernier dans le Sud Soudan et dans
le Nord de l’Ouganda contre ces rebelles qui combattent depuis seize
ans le régime de Museveni. Les tentatives de médiations amorcées
depuis le mois de juin par les églises et des chefs traditionnels se
sont heurtés à la volonté gouvernementale de vaincre cette rébellion
par les armes.
Plus on s’éloigne de Kampala sur
cette belle route rectiligne qui va à Gulu, du Sud au Nord, plus le
paysage devient sec et les véhicules rares. Seize ans de quasi guerre
civile ont décimé les troupeaux auparavant nombreux . La population du
Nord a été placée dans des camps gardés par l’armée afin d’enlever aux
rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur la possibilité de se
cacher dans les villages. De ces villages il ne reste bien souvent que
des ruines.
Faute de pouvoir s’engager dans des
activités autres que de l’agriculture de survivance, les populations
des camps survivent essentiellement grâce à l’aide humanitaire. Les
boites d’huiles végétale et les sacs de mais frappés du drapeau
américain sont presque les seuls produits que l’on trouve dans les
petites boutiques des camps, à côté des produits indispensables comme
le savon et le sel vendu en petite quantité. Le gouvernement insiste
pour que ces personnes chassées de leurs villages payent néanmoins un
impot particulièrement impopulaire. Chaque ougandais riche ou pauvre
est tenu en effet de payer chaque année un impôt minimum, dit
“graduated tax” d’environ 5 euros. Une somme im |